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L'arbitre ne manque pas d'argent, c'est sûr. De conscience, ça l'est un peu moins.

L'arbitre ne manque pas d'argent, c'est sûr. De conscience, ça l'est un peu moins.
Comme on laisse à l'enfant pour qu'il reste tranquille
Des objets sans valeur traînant sur le parquet
Peut-être devinant quel alcool me manquait
Le hasard m'a jeté des photos de ma ville
Les arbres de Paris ses boulevards ses quais


C'est Paris ce théâtre d'ombres que je porte
Mon Paris qu'on ne peut tout à fait m'avoir pris
Pas plus qu'on ne peut prendre à des lèvres leur cri
Que n'aura-t-il fallu pour m'en mettre à la porte
Arrachez-moi le coeur vous y verrez Paris


C'est de ce Paris-là que j'ai fait mes poèmes
Mes mots sont la couleur étrange de ces toits
La gorge des pigeons y roucoule et chatoie
J'ai plus écrit de toi Paris que de moi-même
Et plus que de vieillir souffert d'être sans toi


Comme les fleurs de Nice et les rimes choisies
Si du Nord au Midi notre coeur en forme une
Que tout serve à chanter notre chanson commune
Et Paris mon Paris soit notre poésie


Aragon

# Posté le mercredi 18 juin 2008 05:59

Modifié le mercredi 18 juin 2008 10:16

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